Conçu pour devenir la mascotte de Sony, Crash Bandicoot a largement réussi le pari fou de ses concepteurs: conquérir le cœur de toute une génération de joueurs et s’imposer comme l’un des meilleurs jeux de plates-formes du moment.
Tout commence dans un laboratoire lugubre du sud-est de l’Australie. Le docteur Néo Cortex, secondé par le scientifique Nitrus Brio, rêve de devenir le maître du monde et met au point le rayon Evolvo, destiné à transformer diverses espèces animales en d’intelligentes machines de guerre. Pour diriger cette armée, Cortex réserve la place de leader à Crash, un Bandicoot local. Mais contre toute attente, l’intelligence donnée par le rayon et la nature fondamentalement bonne de l’animal lui permettent de s’échapper. Après quelques déboires, Crash atterrit sur l’île d’N-Sanity. Un peu désorienté, le héros n’oublie pourtant pas la charmante demoiselle Bandicoot entraperçue dans le laboratoire de Cortex et décide alors de venir à son secours avant qu’il ne soit trop tard.
Pour retrouver sa belle, Crash devra traverser les trois îles de l’archipel Wumpa. Soit un total de 32 niveaux truffés d’ennemis et de pièges en tout genre. Les premiers niveaux sont conçus de manière à ce que le joueur puisse s’imprégner de l’ambiance Crash et apprenne à contrôler l’animal. Ces premières zones sont plutôt courtes mais très agréables à parcourir, grâce à des environnements détaillés et colorés. Mais ne vous y trompez pas, cette facilité apparente n’est qu’une façade, car la difficulté monte graduellement au fil de votre progression. Plus vous vous rapprocherez de Cortex, plus les parcours seront longs et les obstacles nombreux, si bien qu’il vous faudra faire preuve de beaucoup de patience et de persévérance pour franchir les innombrables dangers qui se dressent devant vous. Votre dextérité sera ainsi mise à rude épreuve pour ne pas tomber dans le vide ou dans l’eau, et éviter de se faire embrocher, écraser par des rochers ou encore brûler par des torches. Pour ce qui est des boss, ceux-ci ne sont pas forcément très difficiles à vaincre. Il suffit généralement de les observer pour apprendre leur routine de mouvements et anticiper leurs attaques.
Crash Bandicoot propose un système de jeu plutôt original pour l’époque dans le sens où les niveaux, bien que fermés, profitent pleinement de la 3D et s’amusent régulièrement à varier le sens de progression. Dans les niveaux traditionnels, la caméra est placée dans le dos de Crash et le joueur avance vers le fond de l’écran. Mais certaines zones renversent la situation. Le héros sprinte alors droit vers nous et donc face à la caméra. Le champ de vision est réduit à son minimum et le joueur doit compter sur ses réflexes pour éviter tous les pièges qui surgissent au dernier moment. Généralement, ces séquences de poursuite font aussi intervenir un gros rocher qui roule derrière le personnage. D’autres zones encore se jouent quant à elles en vue de profil classique, vers la droite ou vers la gauche. Les placements de caméra sont heureusement parfaits et ne vous poseront donc pas de problèmes pour avancer. Cette diversité s’avère très appréciable et le soft n’en est que plus agréable à jouer. D’autant que les niveaux n’hésitent pas à changer le sens de défilement en plein parcours.
Les niveaux de Crash Bandicoot, et plus particulièrement les premières zones, recèlent d’un grand nombre de vies supplémentaires éparpillées un peu partout. Vous pouvez en obtenir de deux manières : soit en les récoltant directement sur le chemin (en pleine vue ou cachées dans des caisses), soit en collectant 100 pommes. Plusieurs checkpoints salutaires, marqués par des caisses spéciales, permettent aussi de reprendre le parcours à mi-chemin en cas de chute. De leur côté, les masques Aku-Aku sont des bonus non-négligeables, voire même capitaux pour espérer résister aux nombreux ennemis peuplant les îles Wumpa. Lorsque Crash en trouve trois, il profite alors d’une invincibilité temporaire qui n’est pas sans rappeler la fameuse étoile de Super Mario.
Même avec tous ces bonus, le défi offert par Crash Bandicoot reste de taille. Pour terminer le jeu à 100%, il ne faut pas se contenter de parvenir au bout de chaque parcours puisque chaque niveau renferme aussi une gemme, blanche ou colorée, qu’il faudra obtenir en détruisant toutes les boîtes que vous trouverez sur votre chemin. Mais, et c’est là que réside tout le challenge, il faut parvenir à détruire les caisses d’un niveau en une seule fois, sans perdre la moindre vie. Une seule chute, et vous pouvez dire au revoir à la fameuse pierre puisque les caisses déjà détruites réapparaîtront en cas d’erreur. Voilà un défi annexe plutôt corsé qui rallonge considérablement la durée de vie. Suivant la couleur de la gemme obtenue, divers embranchements s’ouvriront à l’intérieur même des niveaux, permettant alors de ramasser des objets cachés. Le level design est à ce titre très bien pensé, et il vous faudra souvent revenir dans des zones déjà visitées pour obtenir tous les bonus. En clair, Crash Bandicoot vous occupera de longues heures. Avec sa réalisation exemplaire pour l’époque, et ses nombreux atouts détaillés ci-dessus, le titre de Naughty Dog est clairement un indispensable de la Playstation.
Article de Kivat
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